Gare au Sevrage !

La réaction des marchés au statuquo de Ben Bernanke le 18 Septembre alors que les investisseurs avaient dans leur grande majorité anticipé une réduction des mesures de soutien à l’économie américaine est inquiétante.

En effet, la bourse semble droguée. Droguée à dose de milliards de dollars injectés chaque mois par la Réserve Fédérale dans les veines de l’économie, maintenant les marchés financiers dans un état d’euphorie dont les investisseurs se satisfont volontiers. Dépendante aussi, car dès qu’on parle de lui réduire ses doses, elle tombe dans une déprime profonde alors que lorsque, comme Mercredi, on lui promet la poursuite de son approvisionnement, elle s’enflamme un peu plus.

Il s’agit d’un véritable engrenage dont le patron de la Réserve Fédérale semble avoir les pires difficultés à sortir. Les chiffres de croissance, d’activité et même de chômage semblaient pourtant justifier au moins une petite réduction de ces aides mais visiblement, les conditions n’étaient pas réunies.

Alors de deux choses l’une : Soit ces chiffres sont trompeurs et la reprise économique outre Atlantique n’est pas si robuste qu’elle le parait et dans ce cas il y a de quoi s’interroger sur la hausse récente des marchés. Soit ils ne le sont pas et cela confirmerait que Mr Ben Bernanke aurait agi avec un autre souci en tête, celui du plafond légal de la dette américaine qui pourrait une nouvelle fois fragiliser l’économie américaine.

Rien de très rassurant donc même si la FED ne cesse de répéter que sa politique est de faire tout ce qu’elle peut pour maintenir l’économie sur une trajectoire stable. On aimerait aujourd’hui voir la bourse se nourrir plus sainement et que les cours soient davantage soutenus par la croissance bénéficiaire des entreprises plutôt que par l’intraveineuse du « Quantitative Easing ».
Les révisions de bénéfices sont encore timides certes, mais nous sommes confiants à ce niveau pour le premier semestre 2014. Si nos vœux se réalisent, celui ou celle qui succédera à Mr Bernanke aura alors la lourde tâche d’engager une phase souvent très délicate : le sevrage.

Michel Menigoz
Achevé de rédiger le 19 septembre 2013