Actions : En route pour un rallye de fin d’année ?

La solution temporaire qui a mis un terme a ce nouvel épisode de la bataille budgétaire que se livrent les politiciens américains depuis 2011 a été largement saluée par les marchés. L’indice SP500 a franchi un record historique tandis que l’Eurostoxx50 est désormais à son plus haut niveau de l’année.

Il y a en effet de quoi se réjouir. Les Etats-Unis n’ont pas fait défaut sur leur dette, évitant par la-même de jeter l’économie mondiale dans  l’inconnu. Le consommateur américain va pouvoir reprendre un peu confiance dans les perspectives économiques juste à temps pour ses traditionnelles dépenses du « black Friday ». Du coté de la FED, toute tentation de mettre fin a ses mesures non-conventionnelles de soutien à l’économie semble écartée pour quelques mois au moins. En effet, les données économiques de Septembre vont être publiées avec beaucoup de retard et seront donc moins pertinentes que d’habitude. Les chiffres d’Octobre et Novembre seront jugés « pollués » par l’impact de la fermeture d’une partie de l’administration américaine. Il faudra donc attendre les chiffres de Décembre publiés en Janvier 2014 pour avoir une idée claire de la situation économique du pays. Il n’a pas fallu longtemps aux investisseurs pour tirer les conséquences de cet état de fait. Les taux à 10 ans américains se sont très vite détendus et le dollar a fortement reculé en particulier contre l’Euro.

Ce mouvement nous laisse penser que les autres banques centrales, avec en tête la BCE et la Banque du Japon, devraient prochainement assouplir à nouveau leurs politiques monétaires afin de ne pas voir la reprise encore fragile se faire étouffée par la vigueur relative de leur monnaie.

Du coté des pays émergents, ce sursis dans le durcissement monétaire américain permet également une stabilisation de la situation et redonne une marge de manœuvre aux banques centrales locales pour mettre en place des mesures de soutien à l’économie.

Tous les éléments semblent donc rassemblés pour le traditionnel rallye de fin d’année. On se souvient qu’aux derniers trimestres 2010 et 2011, le SP500 avait progressé d’un peu plus de 10% et qu’après les élections américaines de 2012, ce même indice avait gagné 6%  dans les derniers mois de l’année.

Pour autant, il faut garder la tête froide. Les mouvements haussiers s’achèvent le plus souvent lorsqu’il semble évident que le marché ne peut que progresser et que tous les investisseurs se sont rangés a cette vue.

Dans ce contexte, la saison de publication des résultats qui commence tout juste revêt une importance toute particulière. Elle permettra de voir si la hausse des marchés actions que nous avons eu cette année est bien justifiée par l’amélioration des fondamentaux des entreprises. En l’absence de révision à la hausse des perspectives bénéficiaires, la seule expansion des multiples de valorisation aura bien du mal à maintenir les indices sur les niveaux actuels…

David Kalfon
Achevé de rédiger le 21 octobre 2013