2014, l’année du CapEx aux Etats-Unis ?

Tandis que les indices des marchés actions aux Etats-Unis caracolent de record en record, il est frappant de constater à quel point les investissements des entreprises n’ont pas participé à cette reprise. Ces dépenses d’investissement (CapEx) sont pourtant essentielles pour une croissance pérenne et une amélioration de la productivité. Alors que l’emploi, investissement en capital humain, et le CapEx sont historiquement très corrélé, on remarque une nette divergence depuis 2012.

Graphe 1 : « Les dépenses d’investissement aux US vs.croissance de l’emploi » – Barclays

Barclays US CapEx vs NFP
Source : Recherche Barclays

Il est vrai que jusqu’à présent, les investisseurs ont surtout privilégié les sociétés qui distribuent de gros dividendes et globalement sanctionné les annonces de plan d’investissements. Pour autant, combien de temps est-ce que les entreprises américaines pourront encore jouer ce jeu-là sans investir dans leur outil de production ? En 2012, le CapEx a représenté 53% des bénéfices, contre une moyenne historique (depuis 1951) de 88% !

Graphe 2 : « Les dépenses d’investissement aux Etats-Unis en % des bénéfices des entreprises (1951-2012) » – Barclays

Barclays US CapEx as % of corporate profits 1951 - 2012
Source : Barclays

Certes l’utilisation des capacités de production est encore largement en-dessous des plus hauts historiques, mais l’histoire montre que dans les phases de reprise économique, les dépenses d’investissement reprennent plus vite et plus tôt que l’utilisation des capacités de production.

 

Graphique 3 : « La reprise du capex par rapport à la reprise des capacités d’utilisation » – Morgan Stanley

investment recovery

Source : Morgan Stanley

La croissance américaine devrait approcher les 3.5% en 2014, soutenue par une politique monétaire toujours très accommodante. L’indice des nouvelles commandes ISM est en nette accélération depuis le mois de mai dernier, ce qui permet d’anticiper une reprise des investissements des entreprises.

Graphique 2 : « Indice ISM Nouvelles commandes vs Expédition de biens d’équipement (Core) » – Morgan Stanley

Source : Morgan Stanley

Source : Morgan Stanley

 

Avec des niveaux de trésorerie élevés, la levée des incertitudes budgétaires et un optimisme grandissant des chefs d’entreprise, tout porte à croire que la reprise des dépenses d’investissement pourrait bien être en 2014 l’un des moteurs de l’économie américaine.

 

David Kalfon

avec la complicité d’Alexandre Havet

Achevé de rédiger le 20 janvier 2014