Le remède contre la volatilité : la flexibilité !

Dire que les marchés financiers évoluent dans un climat extrêmement tendu depuis le début de l’année relève d’un doux euphémisme. Non seulement, l’indice VIX, aussi connu sous le nom de « baromètre de la peur » de Wall Street et mesurant la volatilité du S&P500, a débuté 2015 par une incursion au-dessus des 20 points, mais a lui-même fait l’objet de fortes amplitudes de cours. En Europe, la nervosité des investisseurs s’est traduite par de forts à-coups sur les principaux indices boursiers. Sur 9 séances de cotation, un tiers s’est conclu par des mouvements de plus de 3% à la hausse comme à la baisse. La concordance de plusieurs événements l’explique.

A commencer par la prochaine réunion de la BCE dont le président Mario Draghi sera attendu au tournant le 22 janvier prochain. Au menu, la possible annonce de lancement du programme de Quantitative Easing, qui devrait prendre la forme de rachats d’emprunts d’Etats. Le dernier obstacle pour la mise en œuvre d’un tel programme a été levé par l’avocat général de la Cour de Justice de l’Union Européenne. Saisi par les allemands, M. Cruz Villalon a rendu son opinion sur les OMT annoncés en 2012 par la BCE et encore jamais utilisées à ce jour. Les incertitudes ont été levées, ce programme ayant été jugé compatible avec le traité sur le fonctionnement de l’Union Européenne. L’avocat général a toutefois ajouté que ce type de mesure non conventionnelle devait «respecter certaines dispositions du droit primaire (comme l’interdiction du financement monétaire des États membres) et, respecter le principe de « proportionnalité». En revanche, le mystère reste entier sur la nature, l’ampleur et l’horizon d’un éventuel Quantitative Easing et laisse libre court à l’imagination débordante des prévisionnistes. A tel point que le rapport oscille de 1 à 10 entre le bas et le haut de la fourchette des estimations qui vont de 500 milliards à 5000 milliards d’euros. La démesure de certaines prévisions semble être à la hauteur des attentes des investisseurs surtout si l’on considère que le gain de plus 1000 points affiché par l’indice Euro Stoxx 50 depuis le 12 septembre 2012 est en grande partie imputable à…l’ « effet Draghi » !

Les tensions ont été exacerbées par la décision, plus que surprenante, de la Banque Nationale Suisse, l’un des principaux acheteurs d’euros de la planète, d’abandonner le cours plancher de 1,2 franc suisse pour un euro. Peut-être d’ailleurs par crainte de voir les futures actions de la BCE venir peser sur le cours de la monnaie unique et dévaloriser dans la foulée ses stocks de devises….

A cela viennent se greffer d’autres facteurs d’incertitudes. Parmi eux figure l’issue des élections législatives anticipées en Grèce qui pourraient déboucher sur l’arrivée au pouvoir du parti radical « anti-austérité » Syriza, susceptible de remettre en cause les modalités du plan d’aide financière au pays. Outre-Atlantique, le fait que la patronne de la Fed Janet Yellen se rende « data dependent » plutôt que « calendar dependent » nourrit de l’instabilité à chaque nouvelle publication de statistiques macroéconomiques. Le tout dans un contexte où le spectre de la déflation reste une menace : plongeon des cours du WTI sous la barre fatidique des 45 dollars le baril, seuil chartiste touché à trois reprises en 1999, 2001 et 2009, recul de 0,5% de l’indice des prix en zone euro entre novembre et décembre, abaissement des perspectives de croissance par la Banque Mondiale…

Dans ce contexte, le meilleur moyen pour composer avec de tels niveaux de volatilité consiste à privilégier une gestion de fonds flexibles. Il va falloir être réactif et surtout, faire preuve d’humilité et de pragmatisme, à l’image des valeurs de notre société…

David Kalfon

Achevé de rédigé le 15 janvier 2015