Point Hebdo : Prudence et plus-values : une association durable ?

Les marchés continuent leur hausse, l’Eurostoxx 50 progresse de 2.7%, le S&P 500 gagne 1.0%, l’EUR/USD reprend sa baisse après une tentative de rebond et cède 2.5% à 1.06, augmentant d’autant les performances à l’étranger des investisseurs en euros.

Aux États-Unis, les mauvais chiffres de l’emploi pour le mois de Mars sont interprétés comme un ralentissement temporaire et la confiance en la vigueur de l’économie est toujours présente. La courbe de taux US intègre de manière croissante le resserrement monétaire à venir : l’écart de rendement entre les maturités 5 et 30 ans s’accroît régulièrement depuis mi-mars, initiant un mouvement de pentification de la courbe. Devant l’incertitude de la date exacte du début de la hausse des taux, si un élément tangible venait à améliorer la visibilité du marché, le mouvement sur les marchés obligataires pourrait être violent. En effet, à titre d’illustration de la faiblesse des taux US, le Président de la Fed de Minneapolis, considéré comme prudent, voit les taux directeurs à 2% fin 2017… au-dessus du rendement actuel à 10 ans (1.95%) !

Côté européen, en milieu de semaine, Mario Draghi dressait le bilan du premier mois de la mise en place effective du QE, alors que la reprise européenne semble se confirmer. Les indices PMI nationaux pour le secteur des services ont surpris par leur vigueur.  Les ventes au détail pour la zone euro se rétablissent et s’inscrivent sur un rythme de croissance de 3%. Le programme de la BCE a connu un départ en trombe, avec un rythme de rachats de 61mds d’euros, dont 47Mds d’obligations publiques. La maturité moyenne des titres achetés est ressortie plus élevée que prévue, lié notamment à l’aplatissement impressionnant de la courbe des taux, et aux contraintes techniques que s’est fixées la BCE (limite à 25% de chaque souche et seuil d’intervention jusqu’à -0.20%). Si l’on considère un modèle historique, une baisse de 20bps des taux 10 ans devrait contribuer à accroitre le PIB de la zone euro de 5 à 10bps après six mois. Cependant au vu de la forte baisse des taux en Europe, du resserrement monétaire à venir outre atlantique et de l’étroite corrélation entre les marchés obligataires US et européens, l’approche de cette échéance devrait sans nul doute augmenter la volatilité des taux longs du vieux continent.

Sur les marchés actions, l’Euro Stoxx 50 poursuit inexorablement sa hausse et s’octroie 2.7% sur la semaine tiré par le secteur pétrolier qui surperforme de 3.1%. En effet, nous avons assisté à la plus importante fusion dans l’industrie pétrolière depuis plus d’une décennie. RD Shell a annoncé mercredi le rachat de BG Group pour une valeur totale de 65Mds d’euros, ce qui pourrait entrainer le début d’une phase de consolidation dans le secteur. Au regard de l’environnement actuel (retrait de capacité aux États-Unis, banques centrales accommodantes, remontée des prix de livraison de l’Arabie Saoudite vers l’Asie, M&A) une neutralisation de la consensuelle sous-pondération énergie est possible.
Conjointement, les tensions sur le dossier grec s’apaisent après que le gouvernement hellène ait annoncé Jeudi 9 Avril avoir payé en temps et en heure son échéance d’avril au FMI. Même si le contexte reste particulièrement incertain, le marché surestime encore largement les probabilités d’une sortie de la zone euro, car un tel évènement ne peut pas arriver « par accident ». C’est un choix politique, décidé par le Parlement grec au nom de ses citoyens, et ceci n’est clairement pas d’actualité.
D’une manière générale, très peu de replis ont été observé sur les indices depuis le début de l’année, ce qui semble indiquer une confiance absolue des investisseurs en l’économie européenne, tout du moins en apparence. En réalité, les investisseurs se couvrent, quitte à payer très cher leur protection puisque la volatilité implicite des options est systématiquement beaucoup plus élevée que la volatilité réalisée, illustrant une prudence de plus en plus présente…

 

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

Optimum

Les performances sont arrêtées au Jeudi 9 avril en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la VL est en hausse de 0.24%. Cette progression est essentiellement due à la partie obligataire du portefeuille qui bénéficie de la belle progression de l’emprunt du Crédit Agricole et du fonds Sunny Euro Strategic. La partie consacrée à l’Alpha Portable contribue positivement mais à un degré moindre. Car si d’un côté, le fonds Janus Europe poursuit son redressement, nos positions sur les fonds investis en actions françaises ont plutôt sous performé. Nous n’avons pas réalisé d’opération significative cette semaine. La performance depuis le début de l’année du FCP Optimum est de +2.51% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est en progression de 0.26% sur la même période. Les encours sont de 21 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Au cours de  la semaine, la VL du FCP Taux Réels Européens progresse de 0.15%. Le portefeuille est aujourd’hui positionné avec une sensibilité faible aux taux d’intérêts (proche de 0), une exposition à la dette périphérique sur des maturités inférieures à 10 ans et un spread moyen au-dessus de la courbe allemande de 1.2% pour un rating moyen de notation investissement. Ce positionnement plus défensif paraît approprié alors que les taux américains ne paraissent plus orientés à la baisse. La performance depuis le début de l’année du FCP Taux Réels Européens est de +2.29% contre +0.65% pour son indice de référence. L’encours s’établit à 35 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 progresse de 1.23% alors que dans le même temps, les actions internationales (dividendes réinvestis) exprimées en euros sont en hausse de 4.21% et l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis gagne 2.73%. Parmi les plus fortes contributions positives à la performance, on trouve notre position sur le fonds Allianz Europe Equity Growth mais aussi celles sur les fonds de chez Schroders et de chez Janus investis en actions de la zone Euro.  Notre exposition en actions s’inscrit à 46.5%. La performance depuis le début de l’année du FCP Amaïka 60 est de +9.48%. Les encours sont de 29.4 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au 9 avril. Au cours de la semaine, la performance est de 1.28% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis progresse de 1.88% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis) de 2.75%. Au cours de la semaine, nos expositions au fonds Comgest Nouvelle Asie, Pictet Generics, H2O Multi Equities et à l’indice Eurostoxx50 via les marchés à terme sont les contributions les plus positives. Par effet miroir, l’exposition à l’euro sur les marchés à terme freine la progression de la valeur liquidative du portefeuille. L’exposition action du portefeuille s’inscrit à 74.3%. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de +10.46%. Les encours sont de 14.65 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, la VL est en hausse de 3.03%, alors qu’en même temps, la performance des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimées en Euros s’établit à +4.21%. Le secteur pharmaceutique est à l’honneur cette semaine puisque AbbVie aux États-Unis et Shire au Royaume-Uni sont les deux meilleures contributions à la performance hebdomadaire avec des progressions avoisinant les 10%. A l’inverse, nous sommes à nouveau pénalisés par un excès de prudence avec les couvertures associées qui cotent quelques points de performances. Le titre Delphi Automotive a été cédé cette semaine au profit d’un renforcement de Starbucks aux États-Unis et de l’ouverture d’une position en Nitto Denko, spécialiste japonais en composants chimiques pour l’industrie électronique. Par ailleurs, l’exposition du portefeuille aux marchés actions est restée stable à 89%. La performance depuis le début de l’année s’établit à +13.20% contre +9.58% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 13.3 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la VL du FCP Maxima affiche une hausse de 1.56% alors que dans le même temps, l’indice Eurostoxx50 dividendes réinvestis gagne 2.73%.  Ce résultat s’explique essentiellement par la sous exposition du portefeuille dans un contexte de marché haussier. Au niveau des titres, notre sélection s’avère plutôt performante notamment grâce aux valeurs Allemandes et Françaises (Deutsche Post, Bayer, Total , Carrefour,..). Toutes les valeurs et tous les fonds détenus en portefeuille progressent sur la semaine, mais nos couvertures sur le marché, traduisant notre prudence actuelle, freinent naturellement la progression. Nous n’avons pas réalisé d’opération significative cette semaine. Par conséquent, l’exposition du portefeuille est restée stable, légèrement au-dessus de 70%. La performance du FCP Maxima depuis le début de l’année est de +15.15% contre +21.72% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 5.2 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.