Point Hebdo : Les banques centrales tentent d’enrayer la spéculation…

La semaine sous-revue a été marquée par une forte vague d’aversion au risque comme le montre la forte hausse de l’or (+7% sur la semaine). Avec les craintes sur le ralentissement de la Chine, des ventes à découvert massives ont été initiées sur les actifs risqués et les banques centrales tentent de contrer cette spéculation dangereuse. Dès lundi, les investisseurs se sont focalisés sur le risque bancaire en Europe. Les actions et les obligations du secteur ont fortement corrigé, retrouvant des niveaux proches de ceux de la crise de 2012 et ont favorisé le retour de la peur chez les investisseurs. Cependant, les conditions sont bien différentes et cette correction a permis par exemple à Deutsche Bank de racheter à bon compte 2 Milliards d’euros de sa dette, envoyant un signal rassurant sur les disponibilités du secteur. Sur la semaine, les indices évoluent en rangs dispersés. Favorisé par la baisse du dollar, le S&P 500 ne cède que 0.9% alors que l’Eurostoxx 50 baisse de 4.3% et que le Topix japonais chute de 12.6%.

La lourde chute de l’indice Topix est un bon exemple de cette spéculation négative. Les opérateurs s’attendaient à une baisse marquée des marchés en Chine ce lundi (suite à une semaine de fermeture en raison du nouvel an chinois) et les actions japonaises ont pâti de ces anticipations. Cependant, l’indice Shanghai Composite a bien résisté en ne cédant que 0.6% sur la séance d’aujourd’hui, grâce notamment aux propos du gouverneur de la PBoC (People’s Bank of China), Zhou Xiaochuan. Celui-ci a rassuré en indiquant que les pressions baissières sur la devise chinoise étaient purement spéculatives et non fondamentales. La publication aujourd’hui d’excédents commerciaux de plus en plus élevés, en raison de l’effondrement des matières premières, est venue soutenir ses déclarations. Cette résistance des actions et du yuan surprend et entraine un fort rebond des actions japonaises (+8% ce jour).

Du côté du pétrole, les rumeurs d’un accord entre les pays producteurs sont venues enrayer les attaques contre le baril de brut sur les niveaux de 26$, prenant à nouveau de court les vendeurs à découvert. On observe ainsi vendredi un rebond de 12% des cours, qui s’établissent encore en baisse de 4.6% sur la semaine. Ces interventions reposent sur les propos du ministre du pétrole des Émirats Arabes Unis qui aurait indiqué que la quasi-totalité des acteurs seraient prêts à coopérer pour encadrer le niveau de production. Ces nouveaux éléments, en lien avec la baisse de la production des acteurs les plus fragiles, devraient contribuer à la stabilisation des cours.

Aux États-Unis, lors de son intervention devant la Chambre des Représentants, Janet Yellen est parvenue à contenter tout le monde. Pour les partisans d’une poursuite du resserrement monétaire, elle a indiqué que la stratégie de la Fed n’avait pas changé et qu’elle anticipait toujours de nouvelles hausses des taux directeurs cette année. Pour les partisans d’un arrêt du resserrement, elle a mis en avant le ralentissement économique aux États-Unis, la dégradation des conditions financières et les craintes sur l’économie chinoise. S’il est encore trop tôt pour déterminer les conséquences de ce début d’année, Janet Yellen a rappelé que la politique monétaire est flexible. Même si les perspectives de croissance ne sont pas très élevées, la dynamique devrait s’établir au-dessus de 2% en 2016, permettant à la Fed d’agir en relevant ses taux directeurs au mois de juin.

En Europe, en réponse aux inquiétudes sur les créances douteuses des banques italiennes, la BCE envisage plusieurs solutions dont l’intégration d’une partie de celles-ci dans son programme de rachat d’actifs. En ce qui concerne l’inflation, Benoit Coeuré a mis en avant les conséquences de la dégradation du contexte économique sur la capacité de l’inflation à revenir vers sa cible de 2%, préparant ainsi le terrain pour un abaissement des prévisions d’inflation couplé à une action de la BCE en mars prochain. Point positif, la croissance européenne résiste aux perturbations internationales. Celle-ci est ressortie conformes aux attentes à +1.5% au 4ème trimestre 2015 par rapport au 4ème trimestre 2014,  poursuivant ainsi son accélération malgré le ralentissement des économies émergentes. Cette embellie s’est essentiellement appuyée sur un rebond de la demande domestique portée par la chute des cours des matières premières ainsi que par l’amélioration du marché du travail dans certains pays de la zone. Cependant, pour que la reprise soit durable, l’essentiel réside dans l’accélération des investissements. Sur ce point, la politique monétaire accommodante, la hausse du crédit, la stabilisation du cadre fiscal, le plan Juncker et une demande domestique plus solide sont supposés y contribuer.

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

Optimum

Les performances sont arrêtées au jeudi 11 février en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la valeur liquidative est en baisse de 1.26%. Cette performance s’explique par l’élargissement des spreads sur le High-Yield qui a impacté négativement notre stratégie de Portage Obligataire. La stratégie d’Alpha Portable est restée stable sur la semaine. Au sein de la stratégie de Portage Obligataire, ce sont surtout nos positions sur les obligations d’émetteurs financiers qui ont souffert. Au sein de la stratégie d’Alpha Portable, ce sont les fonds investi en actions Européennes et en actions Japonaises qui réalisent les meilleures performances relatives. Au cours de la semaine, nous avons renforcé le poids de la stratégie d’Alpha Portable en intégrant à notre sélection de fonds le FCP BNY Japan All Caps et en renforçant notre position sur le THEAM Guru Europe. La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de -2.52% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est en progression de 0.09% sur la même période. Les encours sont de 21 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Sur la semaine, la performance est de -0.47%. Nous avons à nouveau allégé l’exposition au subordonnées financières par ventes de Deutsche Bank et Bank of Ireland AT1. En fin de semaine, l’exposition au High Yield a été renforcée par achat de Wind 2020. Le niveau de liquidités/quasi liquidités est maintenu élevé (18% de l’actif net).  Dans le contexte de reprise actuel, l’exposition du fonds aux obligations « risquées » est maintenu proche de 20%. La performance depuis le début de l’année du FCP Taux Réels Européens est de -1.79% contre +0.30% pour son indice de référence. Les encours s’inscrivent à 36.9 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 est en baisse de 5.31% alors que dans le même temps, les actions internationales (dividendes réinvestis) exprimées en euros perdent 3.28% et l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) chute de 4.28%. Cette sous-performance s’explique en partie par la valorisation des fonds détenus en portefeuille qui n’intègre pas encore le fort rebond enregistré vendredi. Dans cette phase de rechute des marchés, le portefeuille a souffert de son exposition action, mais également de ses investissements obligataires et en fonds de performance absolue. Ainsi on retrouve parmi les plus fortes contributions négatives nos positions sur le fonds Schroder Euro Equity, le FCP Axiom Capital Contingent investi sur la dette subordonnée bancaire et le fonds de performance absolue H2O Allegro. Au cours de la semaine nous avons renforcé notre position sur le fonds Laffitte Index Arbitrage. L’exposition action du portefeuille n’a pas été beaucoup modifiée et s’établit à vendredi soir à 48%. La performance du FCP Amaïka 60 depuis le début de l’année est de -11.78%. Les encours sont de 31 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au 11 février. Sur la semaine, la performance est de -3.57% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis baisse de 7.74% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis)  de 6.57%. Nos expositions par les marchés à terme à l’Eurostoxx50 et au Nasdaq ainsi qu’au fonds Maxima sont les principales contributions négatives. Notre exposition au fonds Helium Performance Absolue contribue à stabiliser la valeur liquidative du portefeuille. L’exposition aux marchés d’actions a été réduite à 21%. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de -9.5%. Les encours sont de 16.5 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, Altiflex perd 4.3% alors que dans  même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros recule de 3.3%. Nouvel excès de faiblesse des marchés actions cette semaine mais avec cette fois des impacts très différencés entre les marchés. Si les États-Unis résistent relativement bien en ne cédant qu’à peine 1%, les marchés européens ont été touchés par des craintes sur le secteur financier et reculent plus significativement alors que le Japon s’écroule véritablement en cédant plus de 10% sur la semaine. Si notre sélection de titres vifs a fait preuve d’une belle résistance cette semaine, grâce notamment au rebond de quelques titres américains (Electronic Arts, Gilead Science), la sélection de fonds a quant à elle été pénalisée par le fort repli du marché Japonais sur lequel nous conservons une vision positive au travers du fonds Sakura Fund. On note aussi une contribution négative du côté des stratégies d’arbitrages mises en œuvre avec notamment la poursuite d’une surperformance très forte du marché anglais par rapport au marché espagnol. Notre niveau de surexposition, que nous avons renforcé à nouveau au cours de la semaine a aussi joué en défaveur de la performance. Nous continuons à penser que le repli des marchés depuis le début de l’année est incohérent au regard de la situation générale. Nous sommes donc positionnés pour un fort rebond avec une exposition légèrement inférieure à 130%. Nous avons aussi profité du fort décalage du marché japonais pour bâtir une position d’arbitrage entre l’indice Topix japonais et le Russell 2000 américain. La performance depuis le début de l’année du FCP Altiflex s’établit à -18.80% contre -6.76% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 10.7 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la valeur liquidative du FCP Maxima baisse de 4.8% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis recule de 4.3%. Encore une semaine de stress intense sur les marchés avec cette fois, le secteur bancaire en première ligne. Toujours beaucoup d’exagération de notre point de vue, les niveaux atteints sur nombre de dossiers, dans le secteur financier notamment, traduisent des niveaux de valorisation anormalement faibles. La séance de Vendredi a permis de rendre le résultat hebdomadaire moins catastrophique, il reste néanmoins très négatif pour Maxima. En effet, malgré une sélection de titres faisant preuve d’une relative résistance, le fonds a été impacté par un niveau d’exposition toujours élevé dans ce contexte de marché baissier. Les fonds présents en portefeuille n’ont pas non plus permis d’amortir le repli. Dans la faiblesse du marché, nous avons à nouveau renforcé notre exposition au marché actions qui se situe dorénavant très légèrement sous les 130%. Nous n’avons pas réalisé d’autre opération. La performance du FCP Maxima depuis le début de l’année s’établit à -18.88% contre -15.48% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 7.2 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.