Point Hebdo: Une reprise rassurante…

Les autorités chinoises ont donné leur feuille de route pour les 5 prochaines années, fixant un objectif de croissance d’au moins 6.5% annuel. Pour y parvenir, elles prévoient de maintenir une politique monétaire accommodante et d’accroître le déficit public à 3% du PIB contre 2.3% actuellement. En parallèle, elles maintiennent l’engagement de stabilité du yuan. Ces signaux rassurants envoyés par Pékin réduisent le risque de voir la Chine participer à l’accroissement des pressions déflationnistes. Ce point vient se combiner au rebond du prix du baril de pétrole dont le cours progresse de 4% à 36$ le baril de brut en fin de semaine. Ceci constitue une excellente nouvelle pour la BCE qui doit se réunir cette semaine afin de prendre des mesures visant à lutter contre un retour de la menace déflationniste. Dans cet environnement plus rassurant, les investisseurs retrouvent un intérêt pour les actifs risqués. Sur la semaine, l’Eurostoxx 50 gagne 3.7%, le S&P 500 s’octroie 2.6% et le Topix japonais rebondit de 4.7%.

Lors de l’ouverture ce week-end de la session annuelle de l’Assemblée populaire nationale, les autorités chinoises ont rassuré en réitérant que la transition économique vers un modèle tourné vers les services et la consommation était sous contrôle et que le scénario de « hard landing » était injustifié. Par ailleurs, si la volonté de la banque centrale d’éviter une dévaluation est acquise, elle va devoir rassurer sur sa capacité à y parvenir ! A ce titre, l’évolution des réserves de change dans les prochains mois sera suivie de près. Tant qu’elles ne seront pas stabilisées, les doutes persisteront. Pour le moment, la publication ce matin de réserves de change légèrement supérieures aux attentes alimente le scénario de la stabilisation.

Du côté des Etats-Unis, les signaux rassurants s’accumulent depuis le début de l’année. La croissance économique a été pénalisée durant l’année 2015 par la chute des cours du pétrole et l’appréciation du dollar. Ces éléments ont mécaniquement entraîné la baisse des investissements dans l’énergie, ce qui a pesé sur la production industrielle. Cependant, l’industrie donne désormais des signes de stabilisation tandis que la consommation et la construction repartent de l’avant. Après un 4ème trimestre 2015 décevant, les dépenses de consommation ont nettement accéléré en janvier. En glissement annuel, leur taux de croissance a atteint 4.2%, un niveau qui n’avait pas été connu depuis 2014. Cette hausse des dépenses s’est faite conjointement à celle des revenus, ce qui est encourageant sur sa pérennité.

Alors que la croissance américaine est robuste, celle-ci semble plus fragile en zone Euro. Cependant le véritable danger pour la BCE est le décrochage des anticipations d’inflation. Les anticipations d’inflation à 5 ans dans 5 ans (un des indicateurs les plus suivis) sont à un point bas historique de 1.4% ! Ce décrochage témoigne de la perte de confiance dans l’institution et dans l’efficacité des outils à sa disposition à ramener l’inflation vers la cible de 2%. La crédibilité de l’institution est fragilisée et la réponse devra donc être à la hauteur de l’enjeu ce jeudi 10 mars. Cependant, la BRI a déjà émis des doutes quant à l’efficacité des taux négatifs. Ceux-ci ne semblent effectivement pas se transmettre à l’économie réelle autant qu’espéré puisque les banques ne les répercutent pas entièrement aux clients finaux. Par exemple, en Suisse, la réaction a même été inverse puisque, pour préserver leurs marges, les banques ont augmenté les taux de financement à long terme. C’est pourquoi la BCE pourrait nous surprendre en prenant des mesures qui pourraient ne pas être immédiatement appréciées par le marché. Ainsi, la prudence semble de mise, surtout lorsque que la forte baisse des prix des options permet d’initier des couvertures à moindre coût. L’indice de la peur des marchés européens, le « V2X », qui indique la volatilité implicite de l’Eurostoxx 50, est passé de 38% le 11 février à 24.5% en fin de semaine dernière, repassant ainsi sous sa moyenne historique de 25%.

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

Optimum

Les performances sont arrêtées au jeudi 3 mars en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la valeur liquidative est en légère baisse de 0.03%. La contribution de la stratégie d’Alpha Portable est négative cette semaine mais elle est compensée par la performance de la stratégie de Portage Obligataire. Au sein de l’Alpha Portable, les fonds Europe ont souffert et n’ont pas réussi à battre leur indice de référence alors que les fonds Mirabeau Spain et Fidelity Italy ont surperformé. Du côté de la stratégie de Portage Obligataire, on note la solide reprise des obligations d’émetteurs financiers à l’image de l’obligation Crédit Agricole 2049 qui progresse de 4.2% et la Generali 2049 qui est en hausse de 3.9%. En revanche l’obligation Portugal Telecom 2016 continue la baisse entamée la semaine dernière après l’annonce de l’échec des négociations avec l’opérateur TIM. Nous n’avons pas effectué d’opération significative au cours de la semaine. La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de -2.32% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est en progression de 0.14% sur la même période. Les encours sont de 21 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Alors que les marchés s’inquiétaient récemment d’une potentielle récession américaine, les données macroéconomiques publiées cette semaine démentent nettement cette hypothèse. Dans ce contexte, les marchés d’actifs « risqués » se sont très bien comportés. Les taux allemands et américains ont un peu remonté.  On observe également une reprise du marché brésilien après l’interpellation de l’ancien Président Lula. Dans ce contexte, il paraît prudent de maintenir une exposition modeste aux actifs risqués. L’attente des mesures d’assouplissement monétaire par la BCE permet en effet d’espérer la poursuite de la reprise.
Positionnement du fonds : Au vu des éléments précités, nous maintenons l’exposition aux obligations « risquées » à un niveau de 17%. L’essentiel du portefeuille reste investi sur des maturités n’excédant pas 7 ans et de notation « investissement ».  Les niveaux de liquidités / quasi liquidités sont également maintenus à 17% de l’actif. Au cours de la semaine, la performance est de 0.22%. La performance du FCP Taux Réels Européens depuis le début de l’année est de -1.49% contre +0.40% pour son indice de référence. Les encours sont de 36.8 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 est en hausse de 2.28% alors que dans le même temps, les actions internationales (dividendes réinvestis) exprimées en euros gagnent 2.74% et l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) progresse de 3.69%. Le portefeuille continue de bénéficier du rebond des marchés actions, tous les fonds actions en portefeuille sont positifs cette semaine. Les plus fortes contributions viennent des fonds Maxima (+4.5%) et Morant Wright Sakura Fund (+4.6%). Côté performance absolue, beau rebond des fonds Karakoram Momentum (+6.6%) et H2O Allegro (+7.7%). Le portefeuille a également bénéficié du rebond des investissements obligataires à l’image du fonds Axiom Capital Contingent (+3.5%) ainsi que des titres en direct comme l’obligation Groupama 2039 qui progresse de 2.2%. Nous n’avons pas effectué d’opération significative au cours de la semaine. L’exposition du portefeuille est restée stable à 45%. La performance du FCP Amaïka 60 depuis le début de l’année est de -5.67%. Les encours sont de 32 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au 3 mars. Au cours de la semaine, la performance est de 2.03% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis progresse de 4.71% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis) de 3.87%. Cette semaine, nos expositions par les marchés à terme à l’Eurostoxx50 et au fonds Maxima sont les principales contributions positives à la valeur liquidative. Nos positions de couverture par les options sur l’Eurostoxx50 sont les principales contributions négatives à la performance du portefeuille. L’exposition aux marchés d’actions a été augmentée à 68%. La performance du FCP Résilience en 2016 est de -6.68%. Les encours sont de 16.4 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, Altiflex gagne 1.78% alors qu’en même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros progresse de 2.74%. La reprise se confirme avec cette troisième semaine consécutive de hausse qui aura favorisé principalement les secteurs financiers et pétroliers au détriment des segments traditionnellement défensifs comme la santé ou les utilities. La performance d’Altiflex a été impactée par cette rotation sectorielle qui a favorisé sans grand discernement les valeurs qui avaient le plus corrigé auparavant sur ces secteurs. De plus, nous avons été impactés par le recul de Kroger (Distrib Alim.), l’une de nos plus grosses positions qui perd plus de 10% à l’annonce d’un chiffre d’affaire 0.5% inférieur aux attentes (…). Les fonds sélectionnés en portefeuille ont plutôt bien fonctionné et on salue la belle progression du fonds Sakura Fund sur le Japon (+4.6%). Coté dérivés, si notre sous exposition coûte légèrement en termes de performance, les stratégies d’arbitrages ont quant à elles été bien orientées et ont permis de la compenser. En termes d’opérations, un unique achat cette semaine, celui  du titre américain WEC Energy dans le secteur des utilities. L’exposition du portefeuille reste autour de 92%. La performance sur l’année 2016 s’établit à -9.26% contre -2.13% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 12.1 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la valeur liquidative du FCP Maxima progresse de 2.77% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis est en hausse de 3.69%. La reprise se confirme avec cette troisième semaine consécutive de hausse qui aura favorisé en Europe en premier lieu des valeurs et des secteurs ayant été largement délaissées dans la phase baissière. On observe donc cette semaine une forte rotation sectorielle très en faveur des valeurs financières et pétrolières alors qu’en même temps la santé et les utilities sont en performances stables voire négatives. Ainsi la performance de Maxima a été freinée par ses deux positions sur la santé, Frésénius et Sanofi qui perdent toutes les deux près de 2% dans un marché globalement haussier. Sur les fonds sélectionnés en portefeuille aussi, la performance est décevante dans la mesure où seul le fonds BG Long Term Value réalise une performance en ligne avec le marché. Par contre, les stratégies en produit dérivés, tant sur l’exposition du portefeuille que sur les stratégies d’arbitrage ont contribué positivement au résultat hebdomadaire. Si naturellement, notre surexposition dans ce marché haussier a été payante, les stratégies jouant le retour des banques contre la chimie d’une part et celui de l’Italie contre la France d’autre part, l’ont été aussi. Les opérations de la semaine ont d’abord consisté à renforcer le secteur de la distribution au travers de Delhaize et Ahold et d’initier une position sur Atos. Ensuite, Vendredi, nous sommes parvenus à réduire l’exposition du portefeuille sur un pic de marché pour la ramener à 94%.  La performance du FCP Maxima sur l’année 2016 s’établit à -10.31% contre -6.86% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 8.1 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.