Point Hebdo : Les banques centrales toujours sous pression…

Tour à tour les banques centrales adaptent leur discours au nouveau contexte international. Pour le moment, dans l’attente de données économiques post Brexit, celles-ci se préparent à modifier leurs politiques monétaires plus ou moins fortement et les marchés tentent d’estimer l’ampleur des changements à venir. Si la Banque d’Angleterre a clairement laissé entendre qu’elle agirait dès Août, c’est moins clair pour la BCE qui devrait attendre Septembre avant de modifier sa politique. Pour le Japon, la BoJ pourrait rapidement prendre de nouvelles mesures voire se livrer à des expériences inédites en matière de politique monétaire. Dans ce contexte très accommodant, la nervosité s’atténue et les marchés reprennent un peu de hauteur. Sur la semaine, le S&P 500 gagne 1.5%, l’Eurostoxx progresse de 4.25% et le Topix japonais rebondit de près de 8.9%.

Les seules bonnes nouvelles économiques proviennent des États-Unis qui enregistrent une nette accélération des ventes au détail au mois de Juin. Sur un an, le PIB est en hausse de plus de 4%, un niveau qui n’avait pas été atteint depuis le début de l’année 2015. Les progrès sur le marché du travail, les hausses de salaires et la faiblesse de l’inflation ont porté le pouvoir d’achat et la confiance des ménages, permettant une inflexion positive des dépenses. Cependant, un mouvement de la Fed en 2016 se fait toujours attendre et pousse peu à peu les autres banques centrales vers plus de stimulus.

Si la Banque d’Angleterre a jugé qu’elle ne disposait pas encore de suffisamment de données économiques, elle a tout de même dressé un premier bilan de l’impact du « Brexit » qui laisse présager une contraction assez rapide de l’activité Outre-Manche, raison suffisante pour un assouplissement de sa politique monétaire dès Août. Effectivement, la consommation sera rapidement pénalisée par la baisse des prix immobiliers qui dégrade le sentiment de richesse ainsi que par le rebond à venir de l’inflation du fait de l’effondrement de la livre. A plus long terme, la baisse des échanges commerciaux et de la productivité devraient dégrader les perspectives de croissance. Dans ces conditions, la Banque d’Angleterre pourrait commencer à abaisser ses taux directeurs à 0% tout en prenant des mesures pour soutenir les marges des banques.

La semaine prochaine, ce sera au tour de la BCE de donner sa nouvelle position face au choc en provenance du Royaume-Uni. Si aucune action n’est attendue immédiatement, Mario Draghi devrait profiter de la conférence de presse pour préparer le terrain à une action additionnelle en septembre. En effet, dès Juin celui-ci s’était montré très inquiet vis-à-vis de la dynamique d’inflation en zone euro, laissant entendre que tout retard dans sa remontée nécessiterait une intervention. Or, depuis la dernière réunion, les indicateurs d’activité stagnent et les perspectives de croissance et d’inflation se détériorent.

Au Japon, après la victoire de Shinzo Abe, les discussions s’accélèrent entre la banque centrale et le gouvernement sur les outils qui pourraient être employés afin de faire baisser le yen. Étant donné l’impasse dans laquelle se trouve la Banque Centrale nippone dans son combat contre la déflation, le recours à l’«Helicopter Money» commence à être envisagé. Ce type d’action se définit comme un plan de relance (de 100 MM$ à titre d’exemple) qui prendrait la forme d’une augmentation des dépenses dans les infrastructures (50 MM$) adossé à une baisse des impôts pour les ménages (50 MM$). Pour financer ce programme, l’État émettrait de la dette qui serait intégralement achetée par la banque centrale et détenue indéfiniment (pas de remboursement du principal). Ainsi, la hausse des dépenses publiques soutiendrait le PIB, le nombre d’emplois et les revenus des ménages qui profiteraient également de la baisse d’impôt. Cet instrument repose sur l’hypothèse que le financement par création monétaire éviterait un changement de comportement des ménages qui, dans le cas contraire, auraient eu tendance à accroitre leur épargne en anticipant une augmentation de la fiscalité future pour le remboursement de la dette.

Ainsi trois semaines après le « Brexit », l’abondance de liquidités et les discours très accommodants des banquiers centraux calment les marchés internationaux qui profitent de taux historiquement bas. Cependant, le calme apparent pourrait se dissiper dans les prochaines semaines, au fur et à mesure des interventions des différentes banques centrales.

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

Optimum

Les performances sont arrêtées au mercredi 13 juillet en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents, ainsi que pour prendre en compte le jour férié du 14 juillet . Sur la période, la valeur liquidative est en hausse de 0.40%. La semaine est marquée par une bonne performance de la stratégie de Portage Obligataire dont la quasi-totalité des titres en portefeuille affichent une contribution positive. Le titre Unicredit 2049 (+8.06%) est le principal contributeur sur cette semaine, suivi de Wind 2021 (+2.10%) et La Mondiale 2049 (+1.43%). Côté Alpha Portable, on observe une contribution très légèrement négative. En effet, la sous-performance des fonds actions français n’est que partiellement compensée par la surperformance des investissements en actions espagnoles. La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de -1.47% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est en progression de 0.42% sur la même période. Les encours sont de 16.4 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Sur la semaine, la performance du FCP Taux Réels Européens est de +0.28%. Les marchés se polarisent sur les discours des banques centrales et tentent d’anticiper les mesures qui seront misent en place au Royaume-Uni ainsi qu’en zone euro et au Japon. Celles-ci ne pourront plus se contenter de discours rassurant mais devront préciser leur plan et leurs prévisions post Brexit. En ce qui concerne les données fondamentales, les données macroéconomiques américaines (ventes au détail) restent très solides et surprennent positivement. Après deux mois de pessimisme, les données des sociétés au T2 pourraient également surprendre les consensus dégradés des marchés. La stratégie principale du fonds reste un investissement en dette privée de haute qualité partiellement couverte. La partie du fonds investie en monétaire / taux flottants reste élevée (17%). La sensibilité au risque de taux reste faible (0.7). La performance du FCP Taux Réels Européens depuis le début de l’année est de +0.47% contre +1.22% pour son indice de référence. Les encours s’inscrivent à 37 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 est en hausse de 2.18%, alors que sur la même période les actions internationales (dividendes réinvestis) exprimées en euros gagnent 1.98% et l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) progresse de 4.25%. Tous nos investissements actions affichent une contribution positive, et notamment nos investissements en actions européennes et japonaises qui bénéficient du rebond de ces marchés, et sont les principaux contributeurs à la performance sur la période. Nous avons renforcé notre exposition Asie avec l’acquisition de parts du FCP Fast Asia et de futures sur le Topix. Nous avons également intensifié notre exposition US par l’achat de futures sur le S&P 500. L’exposition actions du portefeuille s’en trouve de nouveau renforcée pour atteindre 54.8%. La performance depuis le début de l’année du FCP Amaïka 60 est de -3.99%. Les encours sont de 34.0 mln d’euros.

Resilience

Les performances sont arrêtées au mercredi 13 juillet en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents, ainsi que pour prendre en compte le jour férié du 14 juillet. Sur la semaine, la performance est de +1.26% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis gagne 5.25% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis) s’octroient 2.8%. Nos expositions aux fonds Maxima (+5.0%) et DNCA Europe Growth (3.2%) sont les principales contributions positives à la valeur du portefeuille. L’exposition aux marchés d’actions a été portée à 75% au cours de la semaine via +25% d’actions américaines et +5% d’actions asiatiques. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de -4.93%. Les encours sont de 15.4 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, Altiflex progresse de 1.18% alors que dans le même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros est en hausse de 1.98%. Les marchés européens qui avaient sous performé les semaines passées se sont repris à la faveur d’une aversion au risque moindre sur le continent. Le Japon rebondit également tout comme les marchés émergents qui profitent des bons chiffres en provenance de Chine. La progression d’Altiflex a néanmoins été freinée par sa sous exposition au marché actions. Les titres défensifs ont aussi pesé sur la performance avec notamment Astellas et NTT au Japon, et Constellation Brands et Kroger aux États-Unis. La saison des publications démarre bien avec Alcoa et les banques qui ont affiché des résultats supérieurs aux attentes. Mais le fonds a d’ailleurs profité du fort rebond des valeurs financières et aussi de la très bonne tenue des fonds présents en portefeuille. En termes d’opérations, nous avons initié deux nouvelles positions avec Kajima au Japon et Lundin Petroleum en Suède. Nous avons aussi clôturé notre position vendeuse sur la volatilité des marchés européens. Enfin, l’exposition du portefeuille a été ramenée en début de semaine autour de 80% pour tenir compte de la hausse rapide des marchés au cours des dernières semaines. La performance depuis le début de l’année du FCP Altiflex s’établit à -4.01% contre +0.77% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 10.9 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la valeur liquidative du FCP Maxima progresse de 3.41% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis bondit de 4.25%. Les marchés européens s’apprécient fortement après les doutes générés par le Brexit. Les secteurs financiers et automobiles ont été les plus recherchés cette semaine, notamment les banques italiennes pour lesquelles on anticipe désormais une résolution rapide du conflit portant sur les modalités de recapitalisation. Maxima en profite au travers de Intesa SanPaolo mais aussi avec Erste Bank en Autriche qui grimpe de plus de 18% sur la semaine. Naturellement, les valeurs plus défensives comme Ahold, Delhaize ou Iberdrola ont quelque peu freiné la performance. De même, la sous exposition du portefeuille au marché actions impacte négativement la progression hebdomadaire. Par contre, les fonds détenus en portefeuille se sont très bien comporté avec notamment le fonds Echiquier Value qui gagne presque 7% sur la semaine. Nous avons par ailleurs réalisé quelques arbitrages en cédant NN Group et Eurofins Scientific au profit de Merck Kgaa, Winecard et un renforcement de Thales. L’exposition du portefeuille a été ramenée à 90% dès le début de la semaine. La performance depuis le début de l’année du FCP Maxima s’établit à -9% contre -7.2% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 9.3 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.