Point Hebdo : La défaite de M. Renzi place la BCE sous pression…

A trois jours de sa réunion de politique monétaire, le résultat négatif du référendum italien place la BCE sous pression. Alors que des rumeurs se répandaient depuis quelques semaines sur le fait que l’institution pourrait réduire l’intensité de sa politique monétaire, celle-ci devrait essayer de temporiser. Parallèlement, la bonne santé de l’économie américaine et la remontée du cours du pétrole suite à l’accord entre les membres de l’OPEP milite toujours pour une remontée des taux souverains. Sur la semaine sous revue, le S&P 500 baisse de 0.92%, l’Eurostoxx 50 recule de 1.08% et le Topix japonais gagne 0.92%.

Depuis plusieurs semaines, les rumeurs vont bon train sur le choix que fera la BCE quant à la prolongation de son programme d’achats d’actifs. Les différents membres ont rappelé la nécessité pour l’institution de poursuivre sa politique accommodante alors qu’elle se trouve seule pour pallier les incertitudes politiques et la fragilité de l’activité en zone euro. Cependant, l’agence Reuters a fait état le 1er décembre de propos qu’auraient tenus des officiels européens, indiquant que certains membres seraient en faveur d’une baisse des montants mensuels (de 80 MM€ à 60MM€). Maintenant, le résultat du référendum italien pourrait pousser l’institution à patienter encore. Le Premier ministre italien n’est pas parvenu à convaincre ses compatriotes d’accepter la modification constitutionnelle qui aurait réduit le rôle du Sénat. L’échec est tel qu’il a annoncé qu’il présenterait sa démission au Président italien aujourd’hui. Cette situation n’est pas inattendue car elle correspond aux anticipations des instituts de sondage. Elle s’était d’ailleurs traduite en amont par un écartement sensible de taux souverains entre l’Italie et l’Allemagne ainsi que par une large sous-performance des actions italiennes. Ce nouveau contrecoup pour la zone euro laisse penser aux investisseurs que la BCE restera accommodante au moins jusqu’en septembre 2017, entraînant un rebond des actifs risqués en zone euro en ce début de semaine. Du côté obligataire,  les marchés de taux sont toujours très volatils autour de rendements très faibles. La réunion de la Banque centrale européenne ce jeudi 8 décembre sera donc cruciale pour comprendre si l’institution va rester pied au plancher ou si elle amorcera un virage en commençant à réduire l’intensité de son action.

Aux États-Unis, les statistiques positives se succèdent confirmant l’hypothèse d’une accélération de la croissance sur la fin de l’année. La production manufacturière est toujours bien orientée tandis que la consommation profite de la bonne santé financière des ménages. Cet environnement conforte le scénario d’une reprise du resserrement monétaire de la Fed d’autant que le rebond de la croissance pourrait être amplifié l’année prochaine par la mise en œuvre du plan de relance promis par Donald Trump. Le ton de la Fed sera donc à surveiller lors de sa prochaine réunion de politique monétaire mercredi 14 décembre.

La semaine a également été marquée par le rebond du pétrole (WTI : +12.20%) après que l’OPEP soit finalement parvenue à s’entendre sur un mécanisme de régulation des volumes de brut. Cet accord permet d’améliorer la visibilité à la fois pour les investisseurs et les banques centrales.

 

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

Optimum

Les performances sont arrêtées au jeudi 1er décembre en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la valeur liquidative est en hausse de 0.02%. L’essentiel de cette performance provient de la partie investie sur les taux. Le portage obligataire contribue positivement à la performance (+0.02%). Toutefois, c’est la couverture mise en place sur les taux allemands et italiens qui contribue le plus nettement  (+0.07%). Les taux souverains de l’Euroland paraissent en effet trop bas du point de vue réel, nominal et relatif, notamment par rapport aux taux américains. Côté alpha portable, la contribution est légèrement négative (-0.04%). On observe en effet une légère sous-performance des fonds Evolution Europe et Morgan Stanley US avantage. Au cours de la semaine, nous avons investi sur l’obligation Priams 5.75% 2021. La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de -0.43% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est en progression de 0.71% sur la même période. Les encours sont de 15.9 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Alors que la fin d’année est désormais toute proche, les marchés de taux européens redeviennent volatils, à l’instar du grand benchmark européen qu’est le Bund. Les obligations allemandes sont en effet toujours au cœur des investissements de la BCE, dans un contexte de rigueur budgétaire allemande et d’incertitudes politiques. Ces trois grands facteurs de soutien des taux bas se trouvent confrontés à un triple défi: les taux réels sont désormais bien trop bas (-1,5% sur le deux ans, et bientôt -2,5%!); les taux nominaux sont trop bas en termes absolus (30 ans à 0,9%) ; enfin, ils sont bien trop bas par rapport aux taux américains (écart record depuis les années 1980: le 5 ans à 2,25% d’écart!). Ces facteurs s’opposent et génèrent une volatilité de plus en plus forte. La prudence semble donc d’autant plus appropriée sur les taux, que les facteurs susceptibles de s’effacer (BCE, incertitudes) seraient évidemment de nature à les pousser sur des niveaux plus élevés.
En Europe, la croissance semble plus ferme en cette fin d’année, comme en témoignent les indices PMI du mois de novembre. Alors que l’inflation remontera assez brusquement début 2017, la déflation européenne s’éloigne. Ce signal encourageant pourrait amener la BCE à être moins agressive sur ces achats d’actifs. Les marchés de taux n’y seraient toutefois pas préparés, car ils attendent un prolongement à plein régime jusqu’en septembre 2017 avant une réduction progressive jusqu’en mars 2018. Réponse jeudi 8 lors de la réunion de la BCE, dernier grand rendez-vous pour les marchés en 2016.
Dans le contexte décrit plus haut, nous maintenons une stratégie très défensive, alors que les taux réels et nominaux semblent toujours nettement trop bas. La partie du fonds investie en monétaire / taux flottants / indexées inflation courtes   s’inscrit à 25% de l’actif net. La sensibilité au risque de taux reste faible (-1.65). La position à la pentification des courbes de taux est maintenue.
La performance du FCP Taux Réels Européens depuis le début de l’année est de +0.94% contre +2.11% pour son indice de référence. Les encours s’inscrivent à 36.9 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 est en baisse de 0.34%, alors que sur la même période les actions internationales (dividendes réinvestis) exprimées en euros baissent de 1.18% et que l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) perd 1.08%. Sur la période, les fonds actions contribuent négativement à la performance, même si on notera la surperformance des financières présentent au travers du FCP Axiom Equity (+1.4%) ainsi que la hausse des actions japonaises avec le Moran Wright Sakura Fund (+2%). La majorité de la contribution négative provient de l’exposition aux actions américaines. La partie obligataire comme la partie de performance absolue restent quant à elles inchangées. Au cours de la semaine nous avons augmenté nos couvertures sur les taux souverains allemands et nous avons réduit notre position sur le FCP H2O Allegro. L’exposition actions du portefeuille reste stable à 50%. La performance depuis le début de l’année du FCP Amaïka 60 est de -1.18%. Les encours sont de 33.2 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au jeudi 1er décembre. Sur la semaine, la performance est de -0.13% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis baisse de  0.30% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis)  reculent de  0.69%. Nos positions sur les fonds Stock Picking France, H2O Allegro et EDR Funds US Value & Yield sont les principales contributions positives à la valeur liquidative. Les positions sur les fonds Maxima et Exane Overdrive sont les principales contributions négatives à la valeur liquidative. L’exposition aux marchés d’actions s’inscrit à 55%. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de -1.72%. Les encours sont de 15 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, Altiflex recule de 1.43% alors que dans le même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros perd 1.18%. Le momentum favorable suite à l’élection de D. Trump s’est effectivement essoufflé, malgré des publications macroéconomiques toujours positives et la poursuite du « Reflation Trade ». Malgré une approche prudente en termes d’exposition, Altiflex s’inscrit dans cette tendance baissière en raison d’une nouvelle rotation en défaveur des grandes valeurs de croissance. Des titres comme Ahold en Europe ou Constellation Brands et Visa aux États-Unis perdent plus de 5% sur la semaine. Du côté des fonds, les thématiques sur la communication digitale et sur la sécurité de chez Pictet ont aussi été impactées par cette rotation. Au niveau des opérations, nous avons débouclé l’une des stratégies d’arbitrage encore présentes en portefeuille et qui consistait à jouer un rattrapage des grandes valeurs américaines contre l’indice Nasdaq. Avec la récente sous performance des valeurs technologiques, nous avons préféré clôturer notre position.
L’exposition quant à elle, reste stable sous les 75%, marquant toujours une certaine prudence vis-à-vis de l’évolution récente des indices.
La performance depuis le début de l’année du FCP Altiflex s’établit à -2.67% contre +3.29% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 10.6 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la valeur liquidative du FCP Maxima est en baisse de 1.37% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis recule de 1.08 %. Les marchés européens clôturent également la semaine en repli, la prudence étant de mise en amont du référendum italien et des élections en Autriche de dimanche. En Europe aussi, les valeurs défensives de qualité ont été pénalisées au profit des financières et plus encore des pétrolières. Maxima a donc souffert de son exposition sur Ahold (-7.3%), UCB (-4.7%) ou Suedzucker (-4.3%) que les progressions de IntesaSanPaolo en Italie ou Total en France n’ont pas totalement compensé. Les fonds ont mieux résisté au repli, notamment la stratégie sur les petites valeurs de chez Amilton. Enfin, notre légère sous exposition aura aussi permis d’amortir légèrement le repli. Au niveau des opérations, nous avons pris quelques profits sur Thales après la forte progression de ces dernières semaines pour réinvestir sur des titres à la valorisation plus attractive (Atos & Orange). Pas d’opération par contre au niveau de l’exposition qui reste par conséquent légèrement inférieure à 90%.
La performance depuis le début de l’année du FCP Maxima s’établit à -5.08% contre -5.03% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 9.6 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.