« ATTENTISME ET COUP DE TONNERRE » – JUILLET 2019

L’essentiel du mois de juillet s’est déroulé sans grande tendance de marché, la plupart des investisseurs attendant les annonces des Banques centrales américaines et européennes relatives à l’évolution de leur politique monétaire.

Ces dernières n’ont pourtant pas fait de vague en tenant des discours conformes aux anticipations, ce qui n’est pas le cas de Donald Trump, qui tape du poing sur la table début août, fulminant contre le peu d’avancées réalisées sur le sujet des négociations commerciales avec la Chine.

Performances du 28/06/2019 au 31/07/2019 *:


(* Indices dividendes réinvestis)

 

Marchés et macroéconomie :

Le mois commençait par une trêve entre les États-Unis et la Chine sur le sujet de la guerre commerciale, permettant ainsi aux investisseurs de focaliser leur attention sur la situation de l’économie mondiale et sur les modifications de politiques monétaires des différentes Banques centrales.

La BCE fut la première à rendre ses devoirs d’été, repoussant ainsi les prises de décisions à septembre prochain. Mario Draghi toujours avec un discours accommodant, stipule que l’institution européenne se tient prête à prendre les mesures nécessaires au soutien de l’économie, quitte à baisser de nouveau les taux directeurs ou à relancer le Quantitative Easing.

Le président de la BCE, Mario Draghi, prépare ainsi le terrain pour sa successeuse, Christine Lagarde, qui a ainsi le champ libre pour maintenir une politique monétaire accommodante.

Du côté de la Réserve fédérale américaine, les anticipations étaient pour le moins partagées durant tout le mois de juillet, une baisse de taux étant quasiment assurée, mais faisant débat sur l’amplitude de 0.25 ou de 0.5 points.

Une incertitude effacée par Jérôme Powell qui, en fin de mois, annonce une diminution d’un quart de point du taux d’intérêt principal, et indique que ce mouvement correspond plus à un ajustement de milieu de cycle qu’à un réel changement de stratégie. Une douche froide pour un bon nombre d’investisseurs qui s’attendaient à plusieurs baisses de taux d’ici la fin de l’année.

Mais c’était sans compter notre phénoménal Donald Trump qui en réponse à une politique monétaire pas assez accommodante à son goût, relance d’un tweet le conflit sino-américain, en annonçant l’instauration de nouvelles tarifications à hauteur de 10% sur 300 milliards de produits chinois d’ici le 1er septembre si les négociations ne trouvent pas de dénouement d’ici là.

Une annonce faisant l’effet d’une bombe sur les marchés, qui corrigent sur les premières séances du mois d’août presque autant que sur la totalité du mois d’octobre 2018.

Le mois de juillet aura aussi été alimenté par bon nombre de publications de résultats d’entreprises pour le deuxième trimestre de part et d’autre de l’Atlantique.

Avec des entreprises américaines qui créent la surprise en affichant des résultats en croissance alors qu’une décroissance était attendue (413/497 publications), et des entreprises européennes affichant des croissances de bénéfices en léger repli, mais conformes aux attentes (283/382 publications).

 

Croissance des bénéfices Q2 attendues (Début Mai 2019) :

 

Croissance des bénéfices Q2 (Début Août 2019) :

 

Investissement Socialement Responsable :

G7 Finance : De nouveaux défis à relever

Les Ministres des Finances du G7 étaient réunis à Chantilly le 17 et 18 juillet derniers. Ils ont réaffirmé l’importance d’une coopération étroite de leur service pour relever les défis économiques et financiers auxquels ils sont et seront confrontés. Ils se sont également engagés à travailler ensemble à l’élaboration d’un modèle économique plus inclusif, plus juste et plus durable. Les grands argentiers ont débattu des objectifs et stratégies pour « construire un système fiscal international plus juste » et tenter d’instaurer des « règles d’imposition minimale » pour lutter contre l’optimisation fiscale, permettre le développement des standards crédibles en matière de finance verte et que les bénéfices de la croissance soient plus largement partagés en réduisant les inégalités des pays en développement.

Le principal accord conclu vise à instaurer une imposition minimale pour mettre fin à l’optimisation fiscale agressive des entreprises dans les pays dans lesquels elles n’ont pas de présence physique. Il s’appliquera principalement aux géants de la Tech.

En marge de cet accord, le ministre de l’Économie français et président de ce sommet Bruno Le Maire, a souhaité mettre le cap sur la finance durable, estimant que « le capitalisme ne peut plus se donner comme seul objectif de générer du profit, il doit avoir un sens politique et social ». Ainsi les ministres se sont attardés sur l’identification des activités liées à la transition écologique et le reporting extra-financier des entreprises en s’appuyant sur les travaux de taxonomie de la Commission européenne et canadienne.

De leur côté, les ministres et gouverneurs des Banques centrales membres du réseau « Network for Greening the Financial System » (réseau des Banques centrales et des superviseurs pour le verdissement du système financier) ont exprimé leur soutien à la mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport général publié sur ce réseau, visant à améliorer le rôle des acteurs financiers dans la gestion des risques environnementaux et à mobiliser des capitaux pour des investissements verts et faibles en carbone.