«Drones et Colombes» – Septembre 2019

La tendance initiée sur la fin août s’est poursuivie sur le mois de Septembre qui se termine par de belles progressions sur les principaux indices , malgré une actualité géopolitique pesante à travers le monde.

Les décisions respectives de la FED et de la BCE, les errements sur le sujet du Brexit et de la guerre commerciale et des chiffres macroéconomiques globalement mitigés ont été les principaux sujets d’actualité en septembre.

Performances du 30/08/2019 au 30/09/2019 *:

(* Indices dividendes réinvestis)

 

Marchés et macroéconomie :

Le mois a débuté par une détente sur le plan de la guerre commerciale avec une reprise des négociations entre les deux parties concernées et un déplacement prévu par les négociateurs chinois au début du mois d’octobre.

À Hong Kong, le projet de loi d’extradition vers la Chine, à l’origine du conflit, est officiellement retiré du calendrier gouvernemental par la cheffe de l’exécutif hongkongais Carrie Lam. Mais, malgré cela, la demande des résidents pour davantage de mesures démocratiques s’est poursuivie au travers de multiples manifestations.

En milieu de mois, la Banque Centrale Européenne et la Réserve Fédérale Américaine ont toutes deux confirmé leur discours accommodant de cet été.

L’institution européenne a ouvert la cage aux colombes en annonçant une baisse de 10 points de ses taux directeurs (de -0.40 à -0.50) et un nouveau « QE » à hauteur de 20 milliards de rachats d’actifs obligataires qui durera aussi longtemps qu’il l’est nécessaire.

De l’autre côté de l’Atlantique, Jérôme Powell a annoncé comme prévu une nouvelle baisse des taux directeurs d’un quart de point, les conduisant ainsi sur les niveaux de 1.75 – 2. Mais l’incertitude demeure sur la politique future de l’institution monétaire américaine, des dissensions semblant émerger au sein du FOMC.

Ce soutien des banques centrales a été partiellement occulté par quelques événements ponctuels.

D’abord avec l’attaque des installations pétrolières saoudiennes par des drones au milieu du mois. Une attaque revendiquée par les rebelles yéménites, qualifiant celle-ci de représailles aux frappes aériennes menées par l’Arabie Saoudite au Yémen. Un événement provoquant une envolée des cours du pétrole de courte durée, l’état rassurant rapidement sur sa capacité à maintenir sa production d’or noir dans les normes.

Une escalade des tensions militaires est en cours dans la zone du golfe persique et l’Iran se retrouve souvent citée dans les potentiels commanditaires de ces attaques, une situation jugée particulièrement inquiétante par l’émissaire de l’ONU, Martin Griffiths.

Ensuite, c’est Donald Trump qui est visé par une procédure de destitution (impeachment) suite à l’affaire de l’« Ukraine Gate ». Le président américain aurait « violé la constitution » en demandant au président Ukrainien Volodymyr Zelensky d’enquêter sur Joe Biden, le candidat à l’opposition démocrate pour la présidence de 2020.

Enfin, au Royaume-Uni, les scénarios demeurent toujours aussi incertains autour de la mise en œuvre du Brexit…Après avoir obtenu une suspension du parlement britannique fin août, Boris Johnson a essuyé plusieurs revers en septembre.

Dès le début du mois et avant la mise en place de la suspension, il perd la majorité au sein du parlement et subit l’imposition d’une loi « Anti no-deal » indiquant que si aucun accord n’est trouvé avec l’Union européenne d’ici le 19 octobre, il serait contraint de demander aux 27 un nouveau report du Brexit.

Autre coup dur, le 24 septembre la cour suprême britannique déclare que la suspension du parlement est « illégale et non avenue », entrainant ainsi la réouverture immédiate de la Chambre parlementaire.

Fournissant en fin de mois un nouvel accord retravaillé, notamment sur le point du « Backtop » de l’Irlande du Nord, le Premier ministre britannique joue désormais la carte de l’ultimatum, affirmant que si ce plan est rejeté, les négociations arriveraient à leur terme.

Difficile d’y voir très clair donc sur le dossier du Brexit.

 

Investissement Socialement Responsable :

« Le chantier de l’Europe verte »

La future présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé en début de mois la mise en place du Green Deal européen en plaçant ainsi la transition énergétique parmi les priorités du calendrier européen. C’est au vice-président Frans Temmermans que revient la charge de rendre les politiques publiques de l’Union européenne plus vertes. Malgré son engagement récent sur les sujets écologiques, son combat pour l’interdiction du plastique à usage unique est un signe encourageant pour les dossiers à venir parmi lesquels figure la concrétisation de l’objectif de neutralité climatique à l’horizon 2050.

À ce jour, le principal chantier de la Commission européenne sur ces thématiques reste la définition commune des activités durables. Comme déjà évoqué, ce sujet est soumis à de nombreuses divergences. Mais un compromis a été trouvé permettant d’entrevoir une adoption de ce référentiel à l’horizon 2022 en définissant six objectifs environnementaux :

1) Atténuation du changement climatique

2) Adaptation au changement climatique

3) Utilisation durable et protection des ressources hydrologiques et marines

4) Transition vers une économie circulaire, y compris prévention des déchets et recyclage

5) Prévention et contrôle de la pollution

6) Protection et restauration de la biodiversité et des écosystèmes.

Pour être qualifiées de durables sur le plan environnemental, les activités économiques devront répondre aux exigences suivantes :

  • Contribuer substantiellement à au moins un des six objectifs environnementaux énumérés ci-dessus
  • Ne causer de préjudice significatif à aucun des objectifs environnementaux
  • Être exercées dans le respect de normes minimales en matière sociale et de gouvernance
  • Répondre à des critères d’examen technique spécifiques.

Pendant ce temps-là, de nombreuses annonces ont été faites en faveur du climat et de l’économie verte. Plus de 130 banques (47 000 milliards d’actifs) ont signé les « Principles for Responsible Banking » (PRB) qui ont pour objectif d’aligner leurs activités sur l’accord de Paris au travers de leurs investissements et de leurs financements.

L’annonce du mois revient au principal émetteur européen de gaz à effet de serre, RWE. L’énergéticien allemand a affiché sa volonté d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2040 en s’appuyant sur une transition énergétique basée sur le gaz et les énergies renouvelables tout en délaissant petit à petit le charbon.

Grâce à la pression constante des différentes parties prenantes, ces sociétés prennent peu à peu conscience de l’importance des risques de transition réglementaire, judiciaire, technologique, de marché et de réputation, énoncés par Mark Bloomberg, mais aussi du fait que les risques climatiques n’ont pas seulement que des conséquences sur l’environnement.