Novembre 2019– « To deal or not to deal»

Source : reinformation.tv https://reinformation.tv/trump-chine-mondialistes-bras-fer-dolhein-67196-2/

 

Le Brexit reporté, un accord sino-américain de phase 1 « sur le point d’être signé »… Les marchés profitent de ces accalmies pour s’octroyer un nouveau mois de hausse dans un contexte de volatilité et de volume de transactions réduit.

Performances du 31/10/2019 au 29/11/2019 *:     

 

 

 

 

 

 

Marchés et macroéconomie :

Depuis le 31 octobre dernier et la décision prise par le Parlement britannique de reporter le Brexit à la fin du mois de janvier, l’attention des investisseurs s’est fixée sur le dénouement des négociations sino-américaines et l’accord potentiel de phase 1 entre les deux puissances mondiales.

Bien que les deux parties se soient montrées positives sur les avancées des discussions tout au long du mois de novembre, les perspectives d’une signature dans les prochaines semaines semblent bien fragiles.

La Chine, qui tente de piloter son ralentissement économique, exigerait l’abandon (au moins partiel) des droits de douane déjà mis en place. Un geste peu probable de la part des États-Unis, le président Donald Trump réaffirmant en cette fin de mois les avantages de ces « tarifs » sur l’économie américaine.

Un autre point entachant les négociations réside dans la loi votée par le congrès américain pour le soutien de la manifestation pro-démocrate Hong-Kongaise. Loi promulguée à contre cœur par Donald Trump, preuve d’une ingérence américaine lassante pour la Chine.

Les prochaines dates fatidiques pour ces deux principaux sujets sont les 12 et 15 décembre.

Le 12 pour le Brexit, le Parlement britannique devant procéder à des élections législatives anticipées, Boris Johnson espérant ainsi rebattre les cartes pour obtenir une majorité le 31 janvier 2020.

Le 15 pour la guerre commerciale, les États-Unis devant normalement relancer une nouvelle salve de droits de douanes sur les produits en provenance de Chine.

Bien que les deux acteurs de ces négociations incessantes continuent d’affirmer que des avancées sont faites tous les jours, la réaction des marchés début décembre aux propos de Donald Trump, annonçant qu’il n’y a aucune urgence à signer un accord avant les prochaines élections présidentielles américaines, montre que les tensions peuvent se raviver très rapidement.

Pas de changement de discours de la part des banques centrales…

La Réserve Fédérale américaine, après trois baisses de taux cette année, juge que l’orientation de sa politique monétaire est désormais bien calibrée.

Même constat pour la Banque centrale européenne, Christine Lagarde reprenant la présidence de l’institution et ne semblant pas vouloir changer le caractère accommodant de la politique monétaire actuelle.

Pendant ce temps, les bilans respectifs des deux banques centrales continuent de croître, avec une BCE qui relance en octobre ses rachats d’actifs à hauteur de 20 milliards d’euros par mois, et une FED qui procède à un « QE », qui n’en est pas un, en injectant 60 milliards de dollars de liquidités mensuelles sur le marché de court terme en rachetant des bons du trésor.

 

Investissement Socialement Responsable :

Le lobbying financier en Europe

Le rapport final du Groupe d’experts de haut niveau (HLEG) sur la finance durable a recommandé qu’une « transformation de l’ensemble du système financier » est nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques de Paris. Considérée comme l’élément fondamental de la réponse de la Commission européenne à ce défi, la taxonomie de la finance durable a été conçue comme un système de classification pour lever toute ambiguïté sur ce qui est considéré comme durable et réorienter le marché pour atteindre les défis de durabilité. Au cours des discussions et des travaux réalisés, la taxonomie pourrait bien servir de base à toute une série d’autres domaines politiques clés.

Des négociations en trilogue sur le cadre final de la taxonomie entre la Commission européenne, le Parlement et le Conseil sont en cours et se poursuivront jusqu’en 2020 si un accord n’est pas trouvé lors des sessions finales de la présidence finlandaise début décembre. Alors que le Conseil et le Parlement tentent de trouver un compromis entre leurs positions divergentes, le lobbying politique semble jouer un rôle clé dans la définition du champ d’application de la taxonomie, en affectant son caractère largement applicable et contraignant.

Les associations professionnelles de l’UE représentant le secteur financier se sont fortement engagées dans la taxonomie depuis la genèse du projet, en partie à travers le HLEG. En dépit de déclarations pour une définition exigeante d’activités durables, la majorité des associations professionnelles financières de l’UE ont poussé à la réduction et à l’affaiblissement de cette politique. Les efforts déployés par les lobbyistes de la finance et de l’industrie pour influencer la taxonomie ont risqué de faire passer cette réglementation d’une tentative rigoureuse et scientifique de définir les activités considérées comme durables à une tentative façonnée par des forces ayant des intérêts clairement établis quant aux résultats de ce processus.

Sources : Sanso IS, Les Amis de la Terre / Oxfam (https://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/rapport_of-at.pdf), InfluanceMap (https://influencemap.org/report/Who-s-Influencing-the-EU-s-Taxonomy-c78635abb8cf94597e0af16a5831275a)

 

Certaines banques (Aviva, Groupe BPCE, BNP Paribas, BBVA, AXA et Allianz) soutiennent activement et de manière transparente la taxonomie. Aviva et le Groupe BPCE ont, par exemple, tous deux soutenu une taxonomie « brun-vert » faisant preuve de leadership en la matière. En revanche, la Société Générale ainsi que 21 autres banques semblent n’avoir exprimé qu’un engagement limité (voir pas d’engagement) à une taxonomie ambitieuse (quoique de manière limitée), mettant en garde contre une approche trop stricte.

En 2018 et d’après le rapport des Amis de la Terre et Oxfam (Novembre 2019), les émissions des quatre plus grandes banques françaises équivalaient à 4,5 fois les émissions de la France. Cette position leur confère une responsabilité et un rôle crucial à jouer dans la transition, tant leurs financements et leurs investissements contribuent aux émissions de gaz à effet de serre mondiales alors que leurs activités ne semblent ne pas être en ligne avec leurs annonces faites depuis les Accords de Paris.

Encore récemment, la directrice de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) de BNP Paribas, Laurence Pessez, disait que le financement des énergies fossiles par les banques ne semblait pas « être un scoop dans la mesure où nous finançons le monde tel qu’il est, or les sources d’énergie utilisées dans la production mondiale d’électricité, c’est 65 % de fossile », remettant ainsi en cause la responsabilité importante du rôle de la banque dans le shift vers une économie plus verte.

Dans le même temps, BNP Paribas signait le Manifeste Climat publié par la Fédération Bancaire Française (FBF) qui reconnait l’urgence climatique, que les banques sont « au service d’une économie bas carbone, écologique et inclusive », rappelant par la même occasion que leur « engagements font qu’elles sont en pointe dans le développement de la finance verte par rapport à leurs concurrentes internationales ». Cependant les engagements ne sont pas suffisants au regard de la situation écologique et la transition des entreprises financées se doit être un peu plus rigoureuse.