Décembre 2019– « All is Well ! »

Ce mois de décembre clôture une année affichant des performances que nous n’avions pas vu depuis maintenant 20 ans. Les deux principaux sujets du mois sont les mêmes que pour les mois précédents, à savoir le Brexit et la guerre commerciale sino-américaine.

 

Performances du 31/12/2018 au 31/12/2019 *:   

(* Indices dividendes réinvestis)

Marchés et macroéconomie :

Après une fin d’année 2018 difficile, et malgré les craintes répétées d’un ralentissement économique, les actifs risqués sont restés privilégiés par les investisseurs au cours de cette année 2019, conduisant ainsi les principaux indices actions sur des performances annuelles atteignant des niveaux jamais vu depuis 1999.

Les rebondissements sur le front de la guerre commerciale ou encore les négociations houleuses concernant le Brexit ont été au cours de l’année un bruit de fond constant. Et bien que ces problématiques géopolitiques aient accentué le risque d’un ralentissement global de l’économie, les banques centrales ont une nouvelle fois démontré leur capacité de soutien.

La Réserve Fédérale, après quatre ans de resserrement monétaire lance en juillet un nouveau cycle d’assouplissement de sa politique avec trois baisses consécutives de ses taux directeurs.

Une prise de position plus accommodante qui est également suivie par la Banque Centrale Européenne en septembre, cette dernière annonçant un nouveau « QE » à hauteur de 20 milliards de rachats d’actifs obligataires qui durera aussi longtemps qu’il l’est nécessaire.

Les marchés, en plus de profiter de ces perfusions, terminent l’année sur un nouveau mois de hausse suite aux nouvelles positives sur la guerre commerciale et le Brexit.

Après de nombreuses négociations, un accord de phase 1 entre la Chine et les États-Unis est trouvé au milieu du mois de décembre, et sera probablement signé le 15 janvier par Donald Trump. L’accord prévoit notamment que la Chine augmente ses achats de produits américains, tandis que les États-Unis s’engagent à annuler une partie des droits de douanes instaurés précédemment.

En Europe, le principal événement du mois de décembre est la victoire du parti conservateur de Boris Johnson aux élections parlementaires anticipées. Cette nouvelle majorité lui permet notamment d’imposer plus facilement l’application d’un Brexit au 31 janvier 2020.

Les révisions à la baisse des perspectives bénéficiaires des différents marchés (à l’exception des États-Unis) couplées à leurs fortes performances sur cette année 2019, conduisent à un renchérissement significatif de leur valorisation, qui finissent sur des niveaux historiquement élevés.

 

Investissement Socialement Responsable :

Récap 2019 – qu’attendre de 2020 ?

Finance à impact, transition énergétique et taxonomie auront été les sujets brulants de l’année 2019.

Le début d’année 2019 a été marqué par l’émergence de mouvements étudiants tel que Fridays for Future ainsi que des coalitions d’associations pour d’interpeller leurs administrations ou bien retenir l’intérêt des médias de la planète pour une meilleure prise en compte du changement climatique dans les décisions de niveau mondial.

On retiendra aussi l’actualité soutenue tout au long de l’année au niveau européen, notamment avec la nomination de Ursula Von Der Leyen à la tête de la Commission européenne. Cette nomination a été positivement accueillie par les professionnels de la Finance Durable. Parmi les priorités du calendrier européen figurent la mise en place du Green Deal européen (100 milliards d’euros sur sept ans afin d’accompagner la transition énergétique européenne), la poursuite de la définition d’une taxonomie commune définissant les activités économiques qualifiées comme durables ainsi que la volonté d’avoir une économie neutre sur le plan climatique d’ici 2050.

Au niveau gouvernemental comme celui des entreprises, de nombreuses annonces ont été faites concernant une transition écologique et sociale.

Le Costa-Rica a pour sa part mis en place un plan national de décarbonation avec l’objectif de devenir un état à zéro émission nette d’ici 2050. Ce plan d’action comporte trois phases et porte sur dix piliers d’activités économiques.

En France, les entreprises sont désormais soumises de répondre à l’index de l’égalité homme-femme, une obligation pour les entreprises de plus de 50 salariés. Les entreprises, qui n’ont pas obtenu une note supérieure à 75/100, ont désormais trois ans pour être en conformité ou risquent une sanction pouvant aller jusqu’à 1% de la masse salariale. Cette législation a pour but d’inciter les entreprises à combler cet écart salarial entre les genres.

D’un point de vue économique, la finance durable continue de progresser et fait sa place dans la finance dite mainstream. En effet, 2019 fut une année vertueuse pour l’intégration des critères extra-financiers dans les décisions d’investissement. Les fonds thématiques environnementaux ou en lien avec les Objectifs de Développements Durables ont vu leur encours progresser de 27% (données Novethic à fin Juin 2019).

L’investissement à impact aura fait couler de l’encre et a été le sujet principal de nombreuses conférences. Dans le but d’apporter plus de matérialité aux épargnant, les sociétés de gestion se sont emparées du sujet, mais font face désormais à des lacunes méthodologiques et à un manque d’uniformisation des critères d’impact.

Le marché mondial des Green Bonds est en croissance exceptionnelle : près de 190 milliards de dollars ont été émis en obligations verts entre janvier et septembre 2019 (+ 60% d’émission par rapport à 2018). Au 1er octobre 2019 on compte jusque 760 milliards de dollars d’encours.

Que pouvons-nous attendre de cette nouvelle année 2020 ?

Après une année 2019 qui fut faite d’innombrables annonces, les jalons ont été posés. Le temps est désormais au retournement de manches et à la saisie des outils à disposition pour accélérer la transformation des entreprises et de l’investissement. La collaboration entre les différents acteurs doit se poursuivre et s’intensifier pour espérer une harmonisation des données extra-financières. La doctrine ISR de l’Autorité des Marchés Financiers devrait voir le jour ayant pour but de clarifier l’approche ISR et ESG dans les fonds commercialisés en France.